L’une des raisons essentielles de la mise en place par une marque d’une stratégie ORM (Online Reputation Management) est sans aucun doute la prise de pouvoir du consommateur sur l’information et l’identité de ces marques. Même si cette terminologie peut laisser penser qu’il s’agit d’une menace, ce n’est pas toujours le cas et certaines, comme Apple, en tire sans doute profit. Les raisons de cette prise de pouvoir sont multiples et j’y reviendrai régulièrement sur ce blog. L’une d’entre elles est l’accélération des medias que nous pourrions illustrer par ce graphique.
Depuis l’invention de l’imprimerie typographique par Gutenberg au XVeme siècle, on note en effet un double phénomène d’accélération : d’abord, l’écart de temps qui s’écoule entre chaque nouvelle invention ne fait que se réduire. Si plusieurs siècles se sont écoulés entre l’invention de Gutenberg et celles de Marconi, de Graham Bell ou Thomas Edison, ce ne sont que quelques années qui ont suffit à la diffusion en masse d’Internet et du téléphone mobile. Avant ce siècle, les outils de communication disponibles n’évoluaient pas pendant plusieurs générations. Depuis une vingtaine d’année, il faut réapprendre tous les 5 ans à communiquer avec de nouveaux outils. Chaque génération entre dans sa vie professionnelle avec un nouvel outils : Les quadra d’aujourd’hui ont apporté le téléphone mobile, tandis que les trentenaires ont imposé l’usage de l’email. Aujourd’hui, c’est la génération sms/chat qui arrive sur le marché du travail. Ces outils vont immanquablement et rapidement pénétrer le monde du travail. Il n’y a aucune raison pour que du jour au lendemain, cette génération décide d’abandonner son outil de communication favori parce qu’elle passe de la vie d’étudiant à celle de salarié. Pour twitter, ce sera la même chose. Une génération twitter est en train de se constituer, même s’il est vrai que les 10.000 utilisateurs français actuels sont plus des geeks que des jeunes de 15 à 20 ans. Le modèle de diffusion de cette nouvelle technologie de communication sera peut-être plus transgénérationnelle, sans doute parce que les plus âgés d’entre nous ont intégré l’impérative nécessité de s’adapter à ces nouveaux outils pour ne pas rester en marge comme certains de nos aînés de ces technologies. Car bien évidemment, il y aura un après Twitter.
Mais au delà de cette accélération dans l’émergence des nouveaux outils de communication, ce qui me frappe, c’est surtout l’accélération dans la vitesse de diffusion de l’information. Comme si chaque progrès dans cette industrie des Media n’avait qu’un seul but : permettre de toucher encore plus de monde, encore plus vite. Certes, avec la Télévision et la Radio, on pensait avoir, grâce au direct, atteint le sommet. Mais les moyens technologiques nécessaires à une diffusion en direct ainsi que la non-interactivité de ces supports ont permis à d’autres de gagner la bataille du toujours plus vite, toujours plus large. Aujourd’hui, grâce à Twitter, nous sommes tous devenus des émetteurs d’information en direct. Un ami me racontait il y a peu son histoire : il était à l’aéroport d’Amsterdam et avait oublié le chargeur de batterie de son Mac. Un twitt et 5 minutes plus tard, plusieurs personnes venaient lui proposer un chargeur sur place !
C’est cette double accélération des Media qui fait si peur aux grandes entreprises, qui, elles seules, avaient avant à leur disposition des moyens de diffusion aussi puissants. Tous ces business models, fondés uniquement sur la toute puissance de la publicité et la docilité du consommateur final sont en train de vivre leurs dernières années. C’est pour certains une véritable révolution copernicienne qui s’annonce. Le changement ne réussira pas à tous.
