Un article du journal québécois le Devoir annonce la mort du mail. Plus que la mort, c’est surtout d’une longue et lente agonie dont il est question. Concurrencé par les applications, les smartphones, les SMS, les médias sociaux, le mail se meurt. Pire, la gangrène qui le touche a un nom : les jeunes. Selon le Devoir, plus que la concurrence des médias sociaux, la désaffection des jeunes, leur manque d’intérêt pour un outil obsolète, pas assez interactif, sont au coeur du processus. Le mail sera bientôt aussi utilisé que le fax.
Au même moment que le Devoir sonnait le glas du mail, Frédéric Cavazza dressait de son côté un panorama des médias sociaux 2012 qui l’amenait à affirmer : on en vient à se demander dans quelle mesure il est encore pertinent de dissocier les médias sociaux et le web.
Ces deux articles nous amènent à quelques remarques.
1 – Le mail bouge encore
La première remarque qu’on peut se faire est la suivante: le mail n’est pas encore mort. Alors ne l’enterrons pas trop vite. Il reste encore un outil de communication qui a fait ses preuves. Certes, il est victime de son succès (spam, mailing, etc.) autant que de ses concurrents les Médias sociaux. Mais sur des bases hyper qualitatives, il peut faire encore de bons taux de clics, d’ouverture et un bon moyen de rejoindre, cibler et informer des interlocuteurs.
2 – Mettre les médias sociaux au coeur de la stratégie
Pourtant, si le mail s’efface, le Social Media lui s’impose. Bien sûr, dans une stratégie multicanal on peut envisager d’avoir recours à une newsletter, mais il faut concentrer ses efforts sur les médias sociaux. Puisque le web et les médias sociaux sont de plus en plus indissociables, toute stratégie d’influence digitale, de visibilité, de buzz ou de notoriété passe indubitablement par un positionnement sur ces médias-là.
Faudra-t-il attendre la fin définitive du mail ou son déclassement évident, pour que tous les annonceurs, les produits, les marques, les institutions, les ONG, les entreprises envisagent leurs communications via les réseaux sociaux, les blogs, la création de contenu et la veille stratégique ? Espérons que non.
3 – Les médias sociaux déjà concurrencés
Par contre, le nouveau roi qui s’impose doit déjà se méfier de son dauphin. Son pouvoir ne sera pas aussi hégémonique que cela. Qui sont les concurrents directs des médias sociaux ? Les applications pour smartphones et autres tablettes qui permettent d’utiliser les communications pour interagir, discuter, commenter, faire de la curation, de la veille, etc. Plus besoin d’utiliser son navigateur, plus besoin d’aller sur le site Facebook pour publier un commentaire, sur Google.fr pour faire une recherche, sur allocine.com pour réserver un billet de cinéma, il existe déjà des applications pour ça.
La multiplication des applications, de leurs champs d’action, tend à démontrer que toute stratégie social media doit inclure un volet sur les applications.
4 – Susciter l’intérêt
Enfin, au coeur de toute stratégie de communication, l’important reste la mécanique utilisée pour susciter l’intérêt. On le voit souvent, il ne suffit pas d’être sur les médias sociaux, d’avoir une page Facebook et un compte Twitter pour être visible et générer du trafic vers son site. Au contraire, comme le précise Frédéric Cavazza, nous sommes dans un contexte de diversification des médias sociaux, extrêmement dense. Les cibles sont constamment soumises à un bombardement massif d’informations de leurs réseaux, des pages qu’ils suivent, des médias en ligne, des médias sociaux, etc.
Dans ce bruit incessant, il faut attirer l’attention et trouver un moyen de se démarquer, sous peine d’être invisible.









