Nouvelle pratique venue tout droit des USA (pouvait-il en être autrement?), le fact-checking monte en puissance depuis quelques mois, en même temps que nous avançons dans la campagne présidentielle. S’il signifie littéralement «verification des faits», il s’agit plus de verifier la véracité des dires des personnalités politiques et économiques.
«Le Petit Journal» de Yann Barthès a popularisé ce phénomène avec les désormais célèbres verifications des discours des politiques, mais cette pratique est beaucoup plus étendue au sein de nombreux médias, économiques et généralistes. Le Monde (Les Décodeurs), Libération (Désintox), Rue 89 (Contrôle Technique) ou encore le Nouvel Observateur (Les Pinnocchios de l’Obs) se sont déjà pris au jeu de la Verité, et surveillent régulièrement les déclarations des acteurs de la scène politique.
Qu’elles nous fassent sourire ou qu’elles nous indignent, ces révelations peuvent nous influencer, nous les spectateurs du big show politique qui se joue constamment depuis plusieurs mois. Un show pour lequel, comme dans les émissions de télé-crochets, nous avons eu la possiblité de voter pour elire notre candidat préféré, et au sein duquel les journalistes tiennent fermement les boitiers qui leur permettent de mettre hors du jeu un politique en le discréditant sur la place publique.
Mais dans les faits, n’est ce pas là une mission inhérente au métier de journaliste : transmettre l’info vraie, et donc l’info verifiée ? Pourquoi donc mettre subitement en exergue une pratique qui devrait constituer la base même du travail de journaliste ?
On peut y voir une façon de se différencier, en surfant sur la médiatisation de la campagne présidentielle (et plus globalement sur l’intérêt que les Français portent à la vie politique depuis quelques années) d’une manière «originale». A la limite de la distraction, cette pratique enclavée dans des chroniques et rubriques prêtes à consommer a tendance à faire du journaliste un héro qui nous mettrait à l’abri des serial menteurs. Sans doute une manière de redorer le blason d’une presse trop souvent perçue comme étant corrompue par les politiques de tous bords. C’est peut-être bien là le but réel de cette nouvelle discpline qui séduit de plus en plus de personnes, avides de verité quand on leur a si souvent menti et qui ont besoin de faire à nouveau confiance aux médias.
Enfin, il faut sans doute mieux féliciter que critiquer cette tendance. Mais attention à ce que le soufflet du fact-checking ne retombe pas soudainement une fois la page des Présidentielles tournée…








